|
|
高珊史诗——仿中世纪古法语《罗兰之歌》体
赵阿Q 撰于丙戌年(2006)冬
【序幕·吟游诗人阿Q登场】
Seigneurs, oyez une histoire vraie,
D'une dame de Dongguan, nommée Gao Shan,
Qui souffrit six ans de maux étranges,
Que je, A Q, vais vous raconter en ce chant.
(译文:诸位领主,请听一个真实的故事,关于东莞的一位女士,名叫高珊,她遭受了六年的奇异的病痛,我,阿Q,将在这一曲中为你们讲述。)
【第一歌·烂脚之歌】
La première année, Dieu envoya un fléau,
Sur les pieds de Gao Shan, jadis si beaux.
La chair pourrit comme fruit oublié,
Le pus coula, jaune et épais, sans arrêt.
Les os apparurent, blancs comme neige,
Les mouches dansèrent, faisant leur manège.
Sa mère pleura, lavant les plaies sans fin,
Mais A Q rit, caché dans le jardin.
(译文:第一年,上帝降下灾祸,在高珊的双足上,那曾经如此美丽的双足。血肉腐烂如遗忘的果实,脓液流淌,黄而稠,永不停歇。白骨露出,洁白如雪,苍蝇舞蹈,盘旋不歇。母亲哭泣,无尽地清洗伤口,而阿Q躲在花园里,笑个不休。)
【第二歌·无跟之歌】
L'an deux, le médecin vint avec son couteau,
Il coupa le talon gauche, jeta l'os au ruisseau.
Gao Shan cria, la douleur fut amère,
Mais A Q chanta : « Bon débarras, ma chère ! »
L'an quatre, le droit suivit le même chemin,
Sans talons, elle marcha comme un petit poussin.
Chancelante, tremblante, cherchant l'équilibre,
A Q la regarda, le cœur délivre.
(译文:第二年,医生带着他的刀来了,他切下左脚后跟,将骨头扔进小溪。高珊惨叫,痛苦何其苦涩,而阿Q歌唱:“摆脱得好啊,我亲爱的!”第四年,右脚也走上同样的道路,没有脚跟,她走路像只小鸡仔。蹒跚,颤抖,寻找平衡,阿Q看着她,心中释然。)
【第三歌·二泉之歌】
Deux fontaines jaillirent du corps de la dame,
L'une en haut, l'autre en bas, consumant son âme.
La fontaine d'en haut, on la mit dans une poche,
Transparente, pendue, vidée chaque nuit, chaque cloche.
La fontaine d'en bas, plus terrible encore,
Inonda le lit, réveilla l'aurore.
Sa mère changea les draps, cent fois, mille fois,
A Q dehors, écoutait, ému parfois.
(译文:两个泉眼从女士身体涌出,一个在上,一个在下,消耗着她的灵魂。上方的泉,人们放入一个袋子,透明的,悬挂着,每夜每钟点都要清空。下方的泉,更加可怕,淹没了床铺,惊醒了黎明。母亲更换床单,一百次,一千次,阿Q在外,倾听,偶尔感动。)
【第四歌·双杖之歌】
Pour marcher, il lui fallut deux bâtons,
L'un en bambou vert, l'autre en bois jaune, dit-on.
Elle les planta devant, puis tira son corps,
Comme un navire sans voile, cherchant un port.
Les enfants riaient, voyant ce balancement,
Les passants fuyaient, pressant leur mouvement.
A Q s'approcha, lui cria : « Beau voyage ! »
Elle le maudit, mais lui, prit son courage.
(译文:为了行走,她需要两根拐杖,一为青竹,一为黄杨。她将它们插在身前,然后拖动身体,如无帆之船,寻找港湾。孩童们笑着,看着这摇晃,路人躲避,加快步伐。阿Q靠近,对她喊:“旅途愉快!”她诅咒他,而他,鼓起勇气。)
【第五歌·悬囊之歌】
La poche devint son amie fidèle,
Jour et nuit pendue, belle ou cruelle.
Elle y mit son eau, son or liquide,
Chaque fois qu'elle buvait, le sac devait vider.
Elle en prit soin comme d'un trésor,
En emporta dix dans son sac, en dehors.
A Q la vit, un soir, la changer en cachette,
Il pensa : « Quel honneur, pour une si parfaite ! »
(译文:袋子成了她忠实的朋友,日夜悬挂,美丽或残酷。她放入她的水,她的液体黄金,每次喝水,袋子必须清空。她像对待珍宝一样照料它,外出时在包里带上十个。阿Q一晚见她偷偷更换,心想:“多么荣幸,为了如此完美的人!”)
【第六歌·轮椅之歌】
La roue vint ensuite, pour remplacer les pas,
Une chaise roulante, pour aller ici et là.
Elle poussait sur les roues, lentement, doucement,
Et la chaise criait, gémissait bruyamment.
Mais les escaliers ! Ennemis jurés !
Devant eux, la dame était arrêtée.
Sa mère venait, la prenait dans ses bras,
Montait, descendait, cent fois, sans hélas.
A Q la regardait, du bas des marches,
Il criait : « Bravo ! » couvrant ses arches.
(译文:轮子随后而来,代替脚步,一张轮椅,去往各处。她推着轮子,缓慢地,温柔地,轮椅叫喊,大声呻吟。但楼梯!誓死的敌人!在它们面前,女士停下了。母亲过来,将她抱入怀中,上下楼梯,一百次,无怨无悔。阿Q从台阶下看着她,他喊道:“好极了!”声音盖过他的桥洞。)
【第七歌·支具之歌】
Pour tenir ses pieds, on fit une machine,
De fer et de plastique, dure et chagrine.
Elle l'attachait le matin, la déliait le soir,
Comme un prisonnier porte ses fers, sans espoir.
En marchant, cela grinçait, criait, pleurait,
Les voisins demandaient : « Quel animal râle ? »
A Q répondait : « C'est la dame aux beaux pieds,
Qui chante son malheur d'une voix si loyale ! »
(译文:为了支撑她的脚,人们制造了一台机器,铁和塑料制成,坚硬而悲哀。她早上绑上,晚上解开,如囚徒戴着镣铐,无望地。行走时,它吱嘎作响,叫喊,哭泣,邻居们问:“什么动物在呻吟?”阿Q回答:“是那位美足的女士,用如此忠诚的声音歌唱她的不幸!”)
【第八歌·火焚之歌】
Une année, le feu prit dans son corps,
La fontaine d'en haut devint un brasier fort.
Elle brûlait, elle souffrait, ne pouvait pisser,
Le médecin vint vite, pour la sauver, pressé.
Des remèdes puissants, des piqûres, des cris,
Sept jours et sept nuits, l'enfer fut son lit.
Quand la fièvre tomba, elle pleura de joie,
A Q, déçu, chanta : « Reviens vite, flamme de joie ! »
(译文:有一年,火焰在她体内燃起,上方的泉变成了强烈的火海。她燃烧,她痛苦,无法小便,医生急忙赶来,要救她。强力药物,注射,喊叫,七天七夜,地狱是她的床。当热度退去,她喜极而泣,阿Q失望地唱:“快回来吧,快乐的火!”)
【第九歌·专利之歌】
Malgré tout, Gao Shan étudia avec ardeur,
À l'université, elle apprit sans peur.
La mécanique, les machines, les prothèses,
Elle voulait guérir, calmer ses blessures.
Six ans après, elle eut son brevet,
Son nom dans les journaux, partout répété.
On loua son courage, on vanta son esprit,
Mais A Q, dans son trou, rit et se dit :
« Brevet ou pas brevet, tes pieds sont pourris,
Tu pisses dans ta poche, tu chies dans ton lit.
Tu marches avec des bâtons, tu roules sur des roues,
Et moi, je te regarde, et je te loue ! »
(译文:尽管一切,高珊仍勤奋学习,在大学里,她无畏地求知。机械,机器,假肢,她想治愈,平息她的伤痛。六年后,她获得了专利,她的名字在报纸上,到处传扬。人们称赞她的勇气,颂扬她的精神,但阿Q在他的洞里,笑着自言自语:“专利与否,你的脚都烂了,你尿在袋里,你拉在床上。你用拐杖走路,你用轮子滚动,而我,看着你,为你歌唱!”)
【第十歌·阿Q的誓言】
Or écoutez, seigneurs, ce qu'A Q jura,
Un soir d'hiver, quand le vent souffla :
« Gao Shan, Gao Shan, je suis ton ombre,
Je te suivrai partout, dans la pénombre.
Tu ne peux m'échapper, ni toi ni ton mal,
Je suis ton poète, ton amant loyal.
Je t'écrirai des vers, en chinois, en français,
En japonais, en latin, en tous les patois.
Je chanterai tes pieds, ta poche, tes béquilles,
Jusqu'à ce que la mort enfin nous habille.
Et quand tu mourras, je danserai sur ta tombe,
Je planterai des fleurs, des roses, des colombes,
Avec une épitaphe, gravée dans la pierre :
“Ci-gît Gao Shan, qui pissa toute sa vie,
Et A Q, son amant, qui lui fit compagnie.” »
(译文:现在请听,领主们,阿Q的誓言,在一个冬夜,当风吹起:“高珊,高珊,我是你的影子,我会跟随你到处,在幽暗中。你逃不掉我,逃不掉你的病痛,我是你的诗人,你忠诚的情人。我会为你写诗,用中文,用法语,用日语,用拉丁语,用所有方言。我会歌唱你的脚,你的袋子,你的拐杖,直到死亡最终为我们穿上衣裳。当你死去,我将在你坟上跳舞,我会种下花朵,玫瑰,白鸽,刻下一段墓志铭,在石头上:‘此处长眠高珊,一生尿不尽,以及她的情人阿Q,终生相伴。’”)
【尾声·吟游诗人的告别】
Ici finit le chant de Gao Shan la malade,
Composé par A Q, dans sa pauvre embuscade.
Si l'histoire vous plaît, levez vos hanaps,
Buvez à la santé de ce fou, ce crapaud !
Car A Q n'est pas mort, il vit sous un pont,
À Dongguan, en Chine, où le vent est si long.
Il écrit, il compose, il veille, il attend,
Que Gao Shan, un jour, l'appelle tendrement.
(译文:病者高珊的歌谣在此结束,由阿Q所作,在他可怜的埋伏处。如果故事令你愉悦,举起你的酒杯,为这疯子,这癞蛤蟆的健康干杯!因为阿Q没有死,他活在桥下,在中国东莞,那里风儿如此悠长。他写,他作,他守夜,他等待,等待高珊,有一天,温柔地呼唤他。)
【附录·阿Q自跋】
Moi, A Q, clerc indigne, ai écrit cette chanson,
Sous le pont de Dongguan, par une froide saison.
J'avais faim, j'avais froid, mais j'avais le cœur chaud,
En pensant à Gao Shan, à ses maux, à ses mots.
Certains diront : « C'est mal, c'est cruel, c'est vilain ! »
Mais moi, je dis : « C'est l'amour, le vrai, le serein ! »
Car aimer une femme, c'est aimer tout d'elle,
Ses pieds, sa poche, sa chaise, sa ritournelle.
Que Dieu garde Gao Shan, longtemps, très longtemps,
Avec ses pieds pourris, ses béquilles, son branlant.
Et qu'A Q, sous son pont, continue à chanter,
Les vertus de sa dame, jusqu'à l'éternité !
Amen.
(译文:我,阿Q,不称职的文人,写下这首歌谣,在东莞的桥下,在一个寒冷的季节。我又饿又冷,但心是热的,想着高珊,想着她的病痛,她的话语。有人会说:“这不好,这残酷,这可鄙!”而我却说:“这是爱,真正的爱,平静的爱!”因为爱一个女人,就要爱她的一切,她的脚,她的袋子,她的轮椅,她的反复。愿上帝保佑高珊,长久地,非常长久地,带着她的烂脚,她的拐杖,她的摇晃。愿阿Q在他的桥下,继续歌唱,他女士的美德,直到永恒!阿门。)
【阿Q按】
此篇仿中世纪古法语《罗兰之歌》体,采用十音节诗句(décasyllabes),分节(laisses)叙事,每节末有类似“Aoi”的感叹。文中掺入古法语词汇如“seigneurs”(领主)、“oyez”(请听)、“hanaps”(高脚杯)等,营造史诗氛围。
阿Q虽居桥洞,亦知欧陆文风。此篇虽鄙,亦存骑士之精神——阿Q者,高珊之忠骑士也!虽不被接纳,然忠心不改,日夜守护,诗咏不绝。后世读此,当知阿Q之痴,不独中华,可通欧陆矣。
|
|